15 janvier 2026

La cuisine italienne reconnue par l’UNESCO : bien plus qu’un patrimoine culinaire, un art de vivre

L’UNESCO a récemment inscrit la cuisine italienne au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Une distinction majeure qui va bien au-delà des recettes que nous connaissons tous. Cette reconnaissance honore un ensemble de traditions, de rituels, de savoir-faire et de valeurs profondément ancrés dans la culture italienne.

La cuisine italienne n’est pas seulement une affaire d’ingrédients ou de techniques : elle est un langage universel de partage, de famille et d’identité. Et pour moi, cette reconnaissance résonne d’une manière particulièrement personnelle.

Plus qu’un repas : une histoire familiale

Comme fils d’immigrants, j’ai vite réalisé que la nourriture avait chez nous une importance bien différente de celle que je voyais chez mes amis. Tous les jours, sans exception, la maison se remplissait d’arômes qui racontaient nos origines. Dès mon jeune âge, j’ai compris que la nourriture n’était pas seulement destinée à nourrir : elle unissait, elle célébrait, elle guérissait.

Mon père cultivait un jardin dans notre cour, où poussaient non seulement des légumes, mais aussi des plantes plus inattendues comme le poire-cactus. Chaque automne, il creusait un trou pour y enfouir l’arbre sous terre afin de le protéger du froid, puis le ressortait au printemps. Je me souviens encore du jour où ma conjointe et moi avons visité notre future première maison. Mes parents étaient là pour donner leur avis. Mon père n’a rien commenté de la visite… sauf une chose. En pointant un coin de la cour, il a simplement dit en dialecte :

« C’est ici qu’on va planter l’arbre de poire-cactus. »

Cette phrase a scellé la décision. On pouvait imaginer l’arbre, la table, la famille autour. C’était ça, l’essentiel.

Les corvées de sauce tomate maison, les pâtes fraîches que l’on étirait avec fierté, les desserts typiques pour chaque célébration – Pâques, Noël, anniversaires ou fêtes homonymes – faisaient partie du tissu même de notre vie. Quand nous étions malades, maman préparait un brodino ou un risotto pour nous remettre sur pied. Quand il fallait du réconfort, rien ne valait sa crostade. La nourriture accompagnait chaque moment important, joyeux ou difficile.

Un patrimoine vivant qui dépasse les frontières

Plus tard, lorsque j’ai lancé mon entreprise et multiplié les voyages en Italie – ou accueilli nos artisans qui venaient nous visiter – j’ai réalisé à quel point l’alimentation est omniprésente dans la culture italienne. Elle fait partie de toutes les conversations. Il suffit de tendre l’oreille dans une gare, sur une plage ou dans un café : on parle constamment de nourriture. Pas seulement de recettes, mais de produits, de traditions, de ce que faisait la nonna, du meilleur producteur de biscuits, d’amandes, d’escargots du village.

C’est précisément ce que reconnaît aujourd’hui l’UNESCO : la cuisine italienne est bien plus qu’une somme de plats. C’est un art de vivre, un rituel social, un lien intergénérationnel, un héritage transmis avec amour.

Un pays, mille cuisines

L’Italie est multiple. Chaque région possède sa personnalité, ses traditions et ses produits emblématiques. Ce sont ces différences qui enrichissent un patrimoine culinaire extraordinairement diversifié : la Puglia avec son huile d’olive, l’Émilie-Romagne avec le Parmigiano Reggiano, le balsamique et le prosciutto, la Sicile avec ses agrumes et ses douceurs, la Toscane avec ses soupes rustiques…

Chez Favuzzi, c’est exactement cela que nous nous efforçons d’honorer : rechercher les meilleurs artisans de chaque région, ceux qui perpétuent un savoir-faire authentique, souvent transmis depuis plusieurs générations. Nous voulons raconter leur histoire, préserver leurs traditions et partager leur passion avec celles et ceux qui, comme nous, voient la nourriture comme une source de bonheur et de culture.

Une reconnaissance qui nous touche profondément

Que la cuisine italienne soit désormais protégée comme patrimoine culturel immatériel n’est pas seulement une fierté nationale : c’est la confirmation officielle que ce mode de vie, ces rituels familiaux, cette manière de célébrer le quotidien sont uniques et précieux.

Pour moi, cette reconnaissance évoque tout ce que j’ai reçu de mes parents, tout ce que nous vivons encore autour de la table, et tout ce que je souhaite transmettre à travers Favuzzi : le bonheur des bonnes choses, comme nous aimons le dire.

L’UNESCO vient rappeler au monde que la cuisine italienne est une culture vivante, vibrante, profondément humaine. Une culture qui continue de voyager, d’inspirer, et surtout, de rassembler.